Le maternage et les autres

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Toi qui penses que par le maternage ou le paternage je gâte trop mon bébé.

Toi qui me dis que je vais en faire un capricieux, un enfant roi, un adolescent invivable.

Toi qui m’indiques par ton regard que je dois certainement mal faire: « C’est pas possible qu’à son âge elle dorme encore avec vous! »

Toi qui me conseilles de laisser pleurer mon bébé alors que mon cœur saigne d’entendre ses « maman » au travers de ses larmes.

Toi et tes « Si je te dis cela c’est pour ton bien », tu sais, parfois, il est difficile de comprendre ce qui n’est pas vécu.

Toi qui me fais culpabiliser en me répétant que je ne lui rends pas service.

Toi qui penses que parce que ce bébé est collé à sa maman durant ses premières années, il deviendra assurément un dépendant affectif-« insécure » pour le restant de sa vie…

À vous tous, MERCI!

Merci de nous permettre de nous affirmer dans la voie du maternage que nous avons choisie.

Merci de nous donner confiance dans ce que nous accomplissons chaque jour avec notre enfant.

Merci de nous amener à prendre du recul sur nos actes et à nous remettre en question.

Merci de nous faire avancer encore plus loin dans notre rôle de parent, qui est un apprentissage de tous les jours, ardu, complexe, vertigineux, désespérant parfois, mais ô combien passionnant!

Oui, nous avons choisi d’être des parents différents. Et la différence, cela fait peur… .

Si tu as choisi la voie de la parentalité positive, du maternage ou du paternage, attends-toi à recevoir de bons conseils et de gentils jugements des autres… de ceux qui sont dans la « tradition ». Loin de moi l’idée de les juger en retour, car chacun fait ce qu’il veut et surtout ce qu’il peut, avec ses enfants, selon son histoire familiale et personnelle.

Loin de moi l’idée de mettre des étiquettes ou de catégoriser les parents, car tout le monde change, mais c’est ainsi que je le ressens: nous ne faisons pas comme tout le monde… Il est clair que pour nous, une vie familiale harmonieuse est représentée par un cocon sécuritaire, où chacun est heureux de se retrouver, d’échanger, où chacun est respecté en tant qu’être humain unique, sans soumission, sans correction physique, sans violence verbale et sans peur.

Comment réagir quand le maternage, ou paternage, choque

Comment réagir face aux critiques sur notre façon différente d’accompagner nos enfants?

  • En premier lieu, gardons-nous bien de juger les personnes qui nous entourent. Ne serait-ce que pour montrer l’exemple.
  • Parfois nous tentons d’expliquer par des exemples ou des citations de chercheurs dans le domaine des neurosciences infantiles.
  • Si nous voyons que le dialogue est perdu d’avance, nous leur répondons en souriant, sans chercher à nous justifier, nous dévions la conversation vers un autre sujet. Nous leur expliquons que c’est ce que nous avons choisi et que cela fonctionne pour nous.
  • Si les attaques sont insistantes, comme par exemple: « Franchement, tu comptes arrêter de l’allaiter bientôt quand même ?! », « Elle dort encore avec vous? Mes pauvres, vous n’êtes pas sortis du trouble! », « Tu la portes tellement souvent, tu vas en faire un bébé à bras, laisse-la pleurer à terre ». Nous sourions (toujours avec le sourire!) et nous demandons des preuves, des chiffres, des faits concrets: « Ah oui? Peux-tu me nommer des adolescents qui dorment encore avec leurs parents? Et comment se sentent les parents ? », « Connais-tu de grands bébés de 10 ans qui sont encore allaités par leur maman? »; « As-tu un pourcentage … » etc.

L’éducation dite « traditionnelle » est pour nous davantage un dressage de l’enfant dans le but de le modeler selon la volonté de l’adulte, en niant ses besoins, ses émotions et sa personnalité unique. Par exemple: seul dans son lit en pleurs, il est censé apprendre à s’endormir seul. Or, laissé seul face à ses émotions (la peur, le stress), il finira par les réprimer, puisque de toute façon personne ne les écoute.

  • Comment peut-il construire sa confiance en NOUS (parents, adultes) en se sentant ignoré?
  • Comment peut-il construire sa confiance en LUI, s’il cherche sans cesse notre approbation, la validation de ses actes, sans avoir conscience de sa propre valeur, de ses propres capacités?
  • Comment peut-on concevoir que nos enfants grandissent dans la crainte de nos réactions, nous leurs parents?
  • Comment espérer qu’ils se confient à nous, s’ils se sentent jugés et aimés sous condition?

Il me semble que le futur adulte, éduqué en ce sens, cherchera perpétuellement des récompenses ailleurs qu’en lui-même et ne se sentira exister qu’à travers le regard des autres.

Peut-être aura-t-il de la difficulté à oser, ou au contraire deviendra-t-il un hyper-actif avide d’une liberté trop brimée? Peut-être cherchera-t-il à combler le manque affectif dans une accumulation de matériel, de relations, d’expériences extrêmes? Peut-être entendra-t-il ses parents lui dire: « Comment peux-tu manquer autant de confiance en toi ? »… Alors qu’ils ne lui ont jamais permis de construire cette confiance en lui…

Peut-être aussi, qu’il aura une capacité de résilience incroyable et que tout ira bien pour lui! Le parent n’est évidemment pas le seul responsable… L’école joue un rôle par exemple, à travers le système de notation: apprendre pour le plaisir d’apprendre? Ou apprendre pour rapporter une bonne note à la maison et rendre heureux papa et maman?

Les dernières découvertes en neurosciences viennent contredire toutes les « méthodes éducatives traditionnelles », basées sur le dressage de l’enfant:

«Elles prouvent qu’une relation empathique, aimante, est décisive pour permettre à son cerveau d’évoluer de manière optimale, pour déployer pleinement ses capacités intellectuelles et affectives. Le cerveau des enfants et des adolescents se révèle très vulnérable: toutes les expériences ont un impact majeur sur sa structuration. Les relations avec les parents ou l’entourage façonnent l’intelligence cognitive et relationnelle de l’enfant, et détermineront son comportement affectif, notamment sa capacité à surmonter le stress, à vivre ses émotions. Toute forme de maltraitance, de violence même apparemment anodine, perturbera le bon développement de son cerveau, de son affectivité, avec parfois des dommages irréversibles. » (Dr Catherine Gueguen, Pour une enfance heureuse).

N’oublions pas que l’enfant apprend par mimétisme, alors regardons-nous en face, remettons en questions nos agissements et notre parole: qu’ils soient impeccables et bienveillants. Apprenons-leur à respecter au lieu d’obéir, à réfléchir à leurs actes plutôt que de se soumettre à une autorité extérieure.

«L’enfant s’épanouit quand l’adulte montre le chemin, est le modèle, n’utilise pas de rapports de force physiques ou verbaux avec l’enfant, mais au contraire entretient avec lui une relation aimante et empathique. Il faudra probablement un certain temps pour que ce savoir se diffuse et fasse évoluer les habitudes culturelles. Ce savoir ne simplifie pas le rôle des adultes, mais il les rend plus conscients et plus responsables de leur attitude avec les enfants. L’enfant apprend très tôt comment bien vivre affectivement et socialement. Lui-même recevant ce qui est indispensable pour s’épanouir peut à son tour le faire partager autour de lui, et le transmettre à ses propres enfants plus tard.»

 

Comprendre pourquoi le maternage ou le paternage surprend

Il est important de comprendre pourquoi ceux qui ont choisi la parentalité bienveillante posent question aux autres: d’où viennent ces jugements? Ces réflexions? Ces regards?

Est-ce leur enfant intérieur qui crie, car il aurait voulu, lui aussi, pouvoir s’exprimer librement? Être bercé, des heures durant par sa maman, être réconforté et encouragé par son papa? Est-ce la peur d’une liberté d’être perdue, ou même jamais goûtée?

Peu importe les réflexions de l’entourage… Nous choisissons de laisser dire et de continuer à écouter notre cœur, notre instinct. Avec nos forces et nos faiblesses, nous essayons chaque jour d’accompagner sans jugement, de guider sans humiliation et de permettre au cerveau du petit humain de se développer dans la confiance, la joie et la curiosité.

Nous aimerions que nos enfants soient libres, réfléchissent par eux-mêmes, soient fiers de ce qu’ils SONT, sans attendre nos félicitations.

Nous refusons de modeler leur personnalité afin de les faire entrer dans le moule prévu pour eux par la société et préférons les guider dans la découverte d’eux-mêmes: des êtres uniques et merveilleux.

Alors à toutes ces personnes qui me conseillent sur la façon dont je dois élever mon enfant… Merci de me permettre d’avancer grâce à vos questions! Je ne chercherai plus à me justifier, puisque j’ai confiance…! J’ai confiance en moi, en nous, en nos choix.

Quand j’observe ma fille avancer dans la vie avec un appétit d’apprendre et de découvrir sans bornes, sans peurs, quand je vois la confiance dans son regard, je sais au fond de moi que je suis sur la bonne voie.

 

Sources sur le maternage

  • Pour une enfance heureuse de Catherine GUEGUEN

  • Au cœur des émotions de l’enfant de Isabelle Filliozat

Marine Gauthier

Marine Gauthier

Blogueuse Parentalité de proximité chez Je Materne
Marine Gauthier est maman proximale d'une petite fille pratiquant le cododo, le portage, l'allaitement et la motricité libre. Vous aussi n'en avez jamais assez d'une parentalité maternante? Assurez-vous de suivre sa chronique Parentalité de proximité! Et suivez-la aussi sur son blogue personnel
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