Pratiques-tu le cododo?

Sommeil partagé: Pratiques-tu le cododo? À lire sur Je Materne!

 

Est-ce que le sommeil partagé, aussi appelé le cododo, t’inspire ou t’intrigue? Voici 12 de ses bienfaits peu connus, et des informations de sources fiables pour le faire de manière sécuritaire.

 

12 raisons de faire du cododo…

 

Sommeil partagé: Pratiques-tu le cododo? À lire sur Je Materne!

 

1. Se reposer

Avec le sommeil partagé, on évite de se lever 150 fois pour aller rendormir bébé dans sa chambre. Il est facile d’allaiter l’enfant en restant allongée, en demi-sommeil, il sait trouver le sein tout seul très facilement. Les pleurs nocturnes n’existent pas et toute la famille peut dormir paisiblement… Moins on se déplace plus calme seront les nuits!

C’est grâce à cette pratique que j’ai pu récupérer rapidement des suites de l’accouchement, en passant plus de temps allongée que debout à voyager entre les deux chambres .

 

2. Surveiller son bébé

Dormir avec son enfant permet de le surveiller en cas de problème. Il est possible de réagir rapidement si le bébé pleure, s’étouffe, si il a besoin d’être rassuré. Cela ne lui laisse pas le temps de se réveiller complètement.

Alors que ma fille n’était encore qu’un nourrisson de quelques jours, avant même qu’elle ne se réveille complètement, je pouvais lui changer sa couche, la remettre au sein et elle se rendormait en quelques minutes, aucun pleurs n’étaient entendus.

 

3. Ne plus avoir peur

En choisissant le sommeil partagé, l’enfant se sent sécurisé entre ses deux parents, il n’a pas peur. Les parents sont rassurés d’avoir leur petit à proximité pour le protéger plus efficacement.

Jean Liedloff (Le concept du continuum : à la recherche du bonheur perdu) démontre la nécessité de conserver le contact physique mère-enfant jusqu’à ce que l’enfant s’en détache tout seul de manière confiante. Les angoisses de séparations peuvent être atténuées si l’enfant développe une relation saine avec une figure d’attachement stable et rassurante.

 

4. Le plaisir de la proximité

L’inconscient de la mère se relie à celui de son bébé. Le bébé s’agrippe a sa maman qui ressent un véritable sentiment d’amour et de protection, elle peut sentir l’odeur de son petit, là juste au creux de son cou ou dans ses cheveux tout doux.

La peau nous donne beaucoup d’informations sensorielles. C’est d’abord par sa peau et son odorat que le bébé découvre le monde qui l’entoure. Dormir proche de sa maman est quelque chose de rassurant pour lui: tous les mammifères cherchent à maintenir ce contact vital avec leur mère dans leurs premiers moments de vie.

Quoi de plus plaisant pour un bébé qui vient de passer 9 mois dans le ventre de sa mère que de dormir tout contre elle, en entendant son cœur battre et en sentant sa respiration.

 

5. La confiance réciproque

En voyant leur bébé dormir paisiblement par le sommeil partagé, les parents prennent confiance en eux. Ils font le bon choix: bébé a l’air bien.

En comprenant que ses parents répondent tout de suite à ses appels, bébé prend confiance en eux. Il sait qu’ils sont là pour le protéger, pour répondre à ses besoins vitaux.

 

6. La facilité d’adaptation

Où que l’on se trouve, ce qui rassure le bébé c’est la proximité de sa mère et de son père. En cas de déménagement, de voyage, dormir ailleurs en pratiquant le sommeil partagé n’aura aucun impact sur l’enfant puisqu’il sera toujours proche de ses parents. De plus, nul besoin de se promener avec un lit d’appoint : on voyage plus léger!

Les premiers voyages de notre fille (6 semaines, 9 semaines), son premier déménagement à 3 mois, se sont passés merveilleusement bien. En portage et dans notre lit, elle n’a pas été déstabilisée par ces changements d’environnement.

 

7. L’allaitement facilité

Le bébé sait trouver le sein rapidement, même dans le noir complet! On sait aujourd’hui que c’est la fréquence élevée des tétées qui favorise une bonne production de lait.

Nombreuses sont les mères qui interrompent l’allaitement par « manque de lait »… Il s’agit en réalité d’une mauvaise pratique dû sans doute, à une ignorance des règles simples qui en assurent le succès: la fréquence des boires de nuit en constitue l’un des facteurs essentiels.

 

8. Des économies

L’arrivée d’un bébé est souvent synonyme de grosses dépenses et le matériel de puériculture coûte relativement cher. Si bébé dort avec ses parents, cela permet au moins d’économiser l’achat du lit à barreau (et les draps spéciaux qui l’accompagnent).

 

9. La joie dès le réveil

Quoi de plus doux que de se faire réveiller par ses babillages et ses petites mains sur notre visage! Quoi de plus heureux que de voir son visage s’illuminer quand son premier regard du matin se pose sur nous. Quoi de plus joyeux que de se réveiller en riant car il fait le clown dès son réveil!

 

10. Pimenter sa vie de couple

Trouver des alternatives comme nouveautés à explorer 😉

 

11. Apprivoiser la nuit

La nuit doit être réconfortante et régénérante. Elle ne doit pas être associée à la peur et au stress. Accompagner l’enfant avec le sommeil partagé jusqu’à ce qu’il se sente prêt à dormir seul, lui permettra plus tard d’avoir un sommeil serein et réparateur.

On peut se demander pourquoi un grand nombre d’adultes, on aujourd’hui besoin de médicaments pour dormir? Cela correspond-il aux générations que l’on a « dressé » au sommeil solitaire?

 

12. Se fabriquer des souvenirs

Avec le sommeil partagé, tu peux regarder ton enfant dormir paisiblement, comme lors de cette première nuit après sa naissance… Celle où, malgré ta fatigue, tu n’as pas pu détacher tes yeux de cette merveille qui venait d’entrer dans ta vie.

 

Un peu d’histoire sur le sommeil partagé…

 

La plupart des professionnels de la santé ont une vision négative du sommeil partagé. Les raisons sont plus culturelles que scientifiques. Depuis plus d’un siècle, les valeurs morales occidentales dictent aux parents où et comment l’enfant doit dormir.

Les principales raisons évoquées sont:

  • Le souhait de préserver la vie conjugale;
  • La nécessité de rendre l’enfant indépendant le plus rapidement possible;
  • Ou la prévention des infanticides, souvent déguisés en suffocation au siècle dernier (pratique courante lorsque nourrir une bouche de plus s’avérait très compliqué).

Dans les années 1950, la mise en marché de lait industriel a renforcé ces croyances. Considéré alors comme supérieur au lait maternel, on devait le donner à heures fixes et l’enfant ainsi rassasié, DEVAIT dormir toute la nuit seul dans son berceau. Pratique, mais très éloigné des besoins physiologiques des nourrissons

Le sommeil de l’enfant a cessé d’être une affaire familiale et intime pour devenir un problème médical, devant être encadré par des spécialistes, dont les parents allaient suivre scrupuleusement les recommandations. Les pratiques traditionnelles normales (le sommeil de l’enfant près de sa mère et tétées à la demande), ont été déclarées dangereuses et mauvaises pour le développement de l’enfant.

Bien que le sommeil partagé fait l’objet de plus en plus d’articles de presse, faire dormir son bébé seul dans son lit continue d’être la norme dans les cultures occidentales. Les parents qui prennent leur enfant dans leur lit sont souvent considérés comme de « mauvais « parents ou des parents « spéciaux ».

Or il est dit que:

  • Les enfants qui ont « cododoté » seraient plus indépendant, confiants, plus chaleureux et proches de leurs parents, une fois rendus à l’âge adulte.
  • La mort subite du nourrisson (MSN) est la cause la plus fréquente de décès des bébés d’un mois à un an. Le Dr McKenna (2001), anthropologue médical américain démontre que le sommeil partagé réduit les risques du Syndrome de mort subite du nourrisson (SMNS). Il se base sur le fait que la proximité entre la mère et son enfant lui permet de vérifier de façon instinctive la température du corps de bébé ainsi que sa respiration.
  • On dit que le nourrisson en cododo régule sa respiration, son rythme cardiaque et sa température sur ceux de ses parents.
  • Le bébé ne passe pas en sommeil profond, ce qui favorise le maintient d’une respiration régulière et évite les apnées du sommeil.

Les études scientifiques sur le sujet sont encore rares et souvent orientées. Par exemple, à l’automne 2004, le Journal de Montréal publiait une traduction d’un article du Globe And Mail concernant des résultats d’une recherche entreprise par un médecin américain (Dr. James Kemp), sur les dangers que peut engendrer le fait de coucher un bébé dans le lit parental. Il s’avère cette étude a été subventionnés par deux associations participant à d’importants lobbys américains faisant la promotion d’articles de puériculture...

La Société canadienne de pédiatrie recommande le sommeil partagé depuis 2004, pour les 6 premiers mois de la vie du bébé. On y recommande le cododo sur des surfaces séparées, mais pas le partage du lit, qui comporterait selon elle certains risques qu’il faut connaitre.

 

Des mesures de sécurité s’imposent…

 

Il est déconseillé de dormir dans le même lit que votre enfant si vous ou votre conjoint…

  • … avez un sommeil agité
  • … avez bu, consommée de la drogue ou êtes sous médicaments pouvant avoir des effets sur votre sommeil
  • … êtes exténués
  • … êtes obèses
  • … fumez
  • … dormez dans un lit d’eau ou un lit très mou dans lequel l’enfant pourrait s’étouffer
  • … dormez entouré d’oreillers mous, de coussins ou de couvertures lourdes.
  • En aucun cas vous ne devez dormir avec votre enfant sur le divan
  • Le bébé doit être installé de façon sécuritaire: il ne doit pas pouvoir tomber du lit, entre le matelas et le mur ou une structure du lit. Attention lorsqu’il commence à se déplacer seul!
  • Il ne doit pas y avoir de couverture, d’oreillers, de peluches, de contour de lit. Si vous craignez que le bébé ait froid, lui mettre un pyjama plus chaud.
  • La température de la pièce doit être entre 18 et 20 degrés.
  • Les cheveux longs des parents doivent être attachés
  • La maman devrait allaiter, car dans ce cas, elle reste tout à fait alerte et connectée à son bébé.

 

Différentes pratiques du sommeil partagé

 

Comment peut-on le pratiquer, en suivant ces recommandations sécuritaires?

  • Dans le même lit que les parents
  • Sur un matelas au sol avec les parents
  • Dans un moïse proche du lit des parents
  • Sur un matelas au sol proche du lit des parents (souvent pour les plus grands)

 

Et dans le reste du monde?

 

Voici quelques façons de pratiquer le sommeil partagé à travers le monde:

  • En Afrique, Océanie, dans certaines cultures d’Amérique du Sud, la tradition est de faire dormir le bébé contre sa mère, très souvent sur le sol, sur une simple natte. Cela peut être également avec un autre adulte (grand-mère, tante) ou un aîné (souvent une grande sœur).
  • Au Japon, un enfant ne dort pas seul avant l’âge de trois, six ou même dix ans! L’image du petit enfant dormant entre ses parents, selon la forme du caractère chinois rivière (川) est pour les Japonais une touchante évocation de la famille.
  • Aux États-Unis en 1978, paraît The Family Bed, un livre de Thine Thevenin, une ancienne animatrice de la Leche League, qui milite avec ferveur pour l’allaitement maternel. Elle y présente le lit familial comme un excellent moyen de faciliter l’allaitement et de veiller sur un enfant trop immature pour être livré à un sommeil solitaire. Cette mouvance reste cependant marginale.

 

Sources:

Dormir avec son bébé, Nathalie Roques, L’Harmattan, 2002

James McKenna

Article cododo sécuritaire sur le site Je Materne

Article sur la revue Naître et grandir

Dormir avec son bébé en toute sécurité (PDF), Nathalie Roques

La Leche League Canada

 

Cliquer ici pour tout lire notre dossier sur le cododo sécuritaire

 

Marine Gauthier

Marine Gauthier

Blogueuse Parentalité de proximité chez Je Materne
Marine Gauthier est maman proximale d'une petite fille pratiquant le cododo, le portage, l'allaitement et la motricité libre. Vous aussi n'en avez jamais assez d'une parentalité maternante? Assurez-vous de suivre sa chronique Parentalité de proximité! Et suivez-la aussi sur son blogue Mes petits carnets de maman
Marine Gauthier
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