À vous, chers grands-parents

À vous, chers grands-parents - À lire!

Parce que quand on attend notre premier bébé, nos parents deviennent complètement gaga. Certains ne comprennent pas que les temps ont changé, que nos choix sont différents mais pourtant bien réfléchis. Il imposent leurs idées un peu (beaucoup) trop et ont de la difficulté à nous laisser faire notre place comme parents, mais ça part souvent d’une bonne intention. Voilà un petit texte à leur partager pour ouvrir la discussion!

 

À vous, chers grands-parents,

On vous l’a appris il n’y a pas longtemps:

Bientôt, nous deviendrons parents!

Nous sommes tellement heureux d’attendre notre premier enfant que nous avons déjà lu la moitié des livres de grossesse de la librairie. Nous parcourons internet d’un bout à l’autre pour être au courant des derniers développements concernant le développement de l’enfant. Notre médecin nous a informé des plus récentes études, parce que ça évolue rapidement.

Mais, pour être honnêtes, on s’y perd un peu dans tout ça: il n’y a pas un seul manuel qui décrive les règles ultimes à suivre, LA seule bonne méthode à adopter. Pour chaque étude, il y en a deux autres pour nous convaincre du contraire.

Entre vous et nous, on ne pensait pas que ce serait si compliqué d’avoir un bébé!

On dit souvent que ça prend tout un village pour élever un enfant et c’est tellement vrai. Chaque personne importante dans notre vie aura un rôle à jouer.

Le nôtre, en tant que parents, sera d’éduquer notre petit, de choisir les valeurs qu’on souhaite lui inculquer, de prendre les décisions fondamentales. Le vôtre, en tant que grands-parents, sera de nous soutenir et de nous encourager quand on doute.

Parce que ça arrivera souvent: chaque fois qu’on devra faire un choix concernant notre bébé, il y aura des gens pour le juger.

Nous avons déjà commencé notre réflexion et nous aimerions avoir votre soutien concernant les sujets suivants.

Les choses ont beaucoup évoluées depuis 10-20-30 ans. Les restrictions et la réglementation se sont resserrées dans les dernières années. Elles permettent de diminuer le nombre de décès périnatal ou en bas-âge ou d’éviter des conséquences dont vous n’étiez pas au courant quand vous étiez de jeunes parents. Nous éviterons tous de comparer ces 2 époques si différentes: c’est vrai que nous sommes bien vivants et en santé, mais si vous aviez eu les mêmes informations que nous avons entre les mains aujourd’hui, vous n’auriez pas tenté le sort non plus!

Nous comprenons parfaitement que vous ayez hâte de magasiner pour ce petit poupon. Nous avons tout aussi hâte, mais il se peut qu’on ait envie de choisir son premier pyjama nous-mêmes, de choisir son couvre-lit ou le modèle de poussette parce qu’on en a essayé une qui nous plaisait beaucoup chez des amis. Rappelez-vous que nos goûts sont probablement opposés, que certains critères d’achat qui nous semblent importants ne le sont pas pour vous et vice-versa.

Pourquoi ne pas nous demander une liste des items que nous aimerions et vous pourrez choisir le morceau que vous voulez nous offrir parmi celle-ci? Ou alors offrez-nous une carte-cadeau pour que nous puissions prendre le temps de choisir tranquillement?

Nous savons que vous avez aussi hâte que nous de voir la binette de ce petit bébé mais avant qu’il ne se pointe, il y aura plusieurs heures de douleurs, d’angoisses, de découragement peut-être même. Des heures qui nous aideront à réaliser que nous serons bientôt des parents. Il se peut que nous ayons envie de vivre ce moment dans l’intimité (si on peut parler d’intimité avec un médecin, un interne, 2 infirmières, une accompagnante à la naissance…) parce que nous ne serons plus jamais que deux. N’insistez pas pour assister à l’accouchement si on ne le souhaite pas.

Il se peut que nous souhaitions prendre du temps avec ce petit bébé que nous avons tant attendu.  Il se peut qu’on ait envie d’être un peu égoïstes et de vivre dans notre bulle pendant quelques heures avant de partager sa naissance. Parce que ce moment si privilégié, il ne reviendra pas. N’ayez crainte, vous serez les premiers à partager notre bonheur quand nous serons prêts.

Le corps de maman sera meurtri, celui de papa guère mieux, nous aurons l’air de la fin du monde! Peut-être que nous aurons envie de vous présenter bébé rapidement après son arrivée, mais on nous a aussi dit qu’il était possible que nous soyons déjà exaspérés par les infirmières qui se relaieront aux heures dans la chambre et que nous n’ayons pas envie de voir d’autres gens pendant notre séjour à l’hôpital. Et si nous convenions de vous le laisser savoir au moment de vous annoncer la naissance de bébé?

Et puis, il y aura une grande fatigue. Nous aurons envie de dormir pendant des heures… ce qui ne sera pas possible avant plusieurs mois! Nous dormirons ici et là, quand ce sera possible. Envoyez-nous un texto pour savoir si c’est un bon moment plutôt que de passer à l’improviste. Même si nous savons que vous avez les meilleures intentions du monde, que vous voulez nous aider, on aura encore un peu de fierté et on voudra prendre une douche et passer un coup de balai avant que vous n’arriviez!

D’ailleurs, si vous souhaitez nous aider, apportez-nous un petit plat à réchauffer, venez faire la vaisselle qui traîne depuis 2 jours dans l’évier ou pliez les 3 brassées de lavage qui attendent sagement. Ce sont ces corvées qui nous épuisent, si nous pouviez s’asseoir et bercer bébé sans se soucier du chaos de la maison, nous nous sentirions déjà mieux.

Nous avons choisi l’allaitement. Nous n’avons pas besoin de vous le dire, les études ont démontré les bienfaits et c’est tellement plus simple: pas de biberon à nettoyer et stériliser, pas de préparation à mélanger, pas de bébé qui hurle parce que le lait n’est pas assez chaud. Mais ce ne sera pas facile, on le sait, et c’est pourquoi on aura besoin de vous.

Nous aurons besoin, dans les moments difficiles, que vous nous rappeliez que le lait de maman est assez riche et qu’il y en a suffisamment, qu’il se digère juste plus vite. Que bébé n’a pas besoin d’une suce juste parce qu’il s’endort systématiquement au sein, il a juste envie d’entendre les battements du cœur de maman comme quand il était dans son ventre. Qu’on n’a pas à lui donner une bouteille parce que les membres de notre entourage souhaiteraient dont le nourrir: papa a trouvé d’autres moyens juste à lui pour créer un lien avec bébé, ils trouveront bien aussi!

Nous avons choisi de faire du portage, surtout quand il y a beaucoup de gens. Notre petit nous connaît à peine encore, il a besoin d’être près de nous et inversement. Ça nous facilite la vie au quotidien pour arriver à garder la maison propre et, nous l’avouons, nous n’avons pas envie qu’il circule d’une paire de bras à l’autre au gré des microbes, des parfums et des voix fortes.

Après bien des lectures, nous avons choisi de ne pas laisser pleurer notre bébé. Il ne pleure pas parce qu’il sait qu’on va le prendre, pas à 2 mois! Il pleure parce qu’il vient de passer 9 mois au chaud et soudainement, il se retrouve seul, sans repères. Si vous étiez dans un pays étranger où personne ne vous comprend, vous aimeriez aussi avoir un câlin de quelqu’un que vous reconnaissez juste par le ton de sa voix, non?! On le prend quand il pleure, on le berce longuement pour qu’il s’endorme parce que vous le savez comme nous, cette période si agréable passe trop vite. On vous garantit qu’il ne sera pas «gâté» et qu’il deviendra un enfant autonome!

Finalement, rappelez-vous quand vous avez eu votre premier enfant, à quel point vous étiez maladroits. Souvenez-vous que vous ne saviez pas tout non plus, vous avez appris «sur le tas». Tout le monde n’était pas d’accord avec votre façon de faire, certains ne se gênaient pas pour vous le dire. Vous avez fait des erreurs et vous n’aviez pas envie qu’on vous les remette sous le nez à coup de «je te l’avais dit». Mais vous avez fait de votre mieux et, à nous voir aller, vous n’avez pas trop mal réussi! C’est de vous dont on veut s’inspirer pour éduquer notre enfant et c’est avec votre soutien qu’on y arrivera.

Merci de nous laisser le temps d’apprendre à être de bons parents sans nous juger ni nous imposer vos opinions même si, parfois, vous en auriez donc envie!

 

Véronique Fournier

Véronique Fournier

Blogueuse Récits de parents chez Je Materne
Bachelière en enseignement primaire et préscolaire, enseignante de français langue seconde auprès des militaires, Véronique est avant tout amoureuse folle de son homme. Ils sont parents de 5 enfants dont un couple de jumeaux: un garçon plein de vie et une fille qui a mis ses ailes à la 24e semaine de grossesse.

Écrivaine refoulée, blogueuse dans l’âme sur Mes Billets Doux, c’est avec grand plaisir qu’elle a envie de partager ses Récits de parents, entre autres ceux dont on ne parle pas assez.
Véronique Fournier
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