Avant d’avoir des enfants, et tout au long de ma première grossesse, j’avais des idées bien arrêtées sur la façon dont j’élèverais mes enfants. Pas question qu’ils soient gâtés ni capricieux ou encore qu’ils aient droit à tout.

J’avais les mêmes idées bien prises dans du béton que la génération de mes parents. C’est bien normal, ce sont ces mêmes idées qui m’ont élevée et ça a fait une belle job, non?

Le sommeil, entre autre, était bien important pour moi. Un bébé, ça dort dans son lit, pas avec ses parents, que je me disais. Le lit conjugal doit rester conjugal. Prendre bébé chaque fois qu’il pleure est la meilleure façon de le gâter: il doit apprendre à s’endormir seul pour se rendormir seul en plein milieu de la nuit.

Et puis j’ai accouché de notre première petite bête qui a retourné, du même coup, mon système de valeurs à l’envers.

C’est là que j’ai compris que je devais balayer mes croyances sous le tapis et choisir ce qui était le mieux pour notre bébé et pour nous. Le mieux n’allait peut-être pas être ce qu’on dit dans certains livres mais tant pis, ce n’est pas ces livres qui s’occuperont de bébé quand il se réveillera pour la 7e fois pendant la nuit.

C’est ainsi qu’on a partagé notre lit conjugal pendant quelques semaines avec fiston… et quelques mois avec fi-fille et un peu plus avec les 2 garçons (un à la fois, pas tous en même temps!) selon ce que chacun avait besoin.

Maintenant qu’ils sont grands, cauchemars, peurs, ennui, toute excuse est bonne pour venir terminer la nuit entre papa et maman!

L’homme et moi, nous partageons notre lit tous les soirs, on s’enlace quand on est triste, je me colle dans son dos quand je fais un cauchemars, pouvons-nous sérieusement exiger que nos enfants dorment seuls dans leur chambre chaque nuit pendant 12h?

C’est ainsi que nous avons établi une règle, une seule, qui guiderait nos interventions:

Du moment que tout le monde dort rapidement et que ça n’embête personne, ils dormiront bien où et avec qui ils le veulent.

Bien entendu, le plus grand tient à son intimité et à son indépendance dans sa chambre. Fi-fille dort très bien seule aussi, c’est la seule qui ne nous a jamais rejoints en pleine nuit! Mais un vendredi ou un mercredi de temps en temps, elle demande d’aller dormir avec mini, juste pour le plaisir. On accepte parce que bien souvent, elle retourne dans son lit au bout de 15 minutes!

Ceux qui profitent le plus de cette règle, c’est mini et le petit dernier. Ils partagent leur chambre donc ce n’est déjà pas facile le soir quand ils décident qu’ils ne s’endorment pas. Quand le petit dernier a eu son lit simple près de son frère, vers 18 mois, on l’a vite retrouvé avec celui-ci, bien endormi, sa tête contre celle de son grand frère. On s’est demandé si on le remettait dans son lit et puis on a décidé que non. S’il se réveillait, il risquait de se rendormir plus rapidement avec son frère.

Pendant l’été, on a superposé leurs lits pour faire de la place pour la visite et ils sont restés comme ça. Combien de fois on a retrouvé le petit dernier couché avec son frère en haut! Quand il dormait, ça allait mais le moment qui précédait le dodo m’angoissait: j’avais peur qu’il chute s’ils se chamaillaient. Il dérangeait son frère prenant toute la couverture et celui-ci ne voulait pas dormir en bas.

On l’amenait donc au salon le temps qu’il s’endorme, mais il en a fait une habitude qui a été impossible de défaire. Il allait de soi qu’on devait séparer les lits de nouveau même s’ils allaient perdre beaucoup d’espace dans leur petite chambre.

Et puis j’ai eu une idée: si ça ne sert à rien de séparer les lits par une table de chevet parce qu’ils finissent toujours ensemble de toute façon et l’un ou l’autre chigne parce qu’ils manquent de place ou de couverture, aussi bien leur donner un peu de confort! Nous avons donc décidé de coller leurs lits ensemble.

Il faut parfois sortir du cadre de la normalité établie et oser faire autrement.

Le grand « lit fraternel » de nos garçons est, désormais, l’endroit où on peut lire des histoires en famille sans chicanes ni disputes!