Faire la paix avec sa « charge mentale »

Charge mentale - Faire la paix avec sa "charge mentale" - À lire sur Je Materne!

Mon cerveau n’est jamais complètement vide et ne s’arrête jamais.

Il est comme un téléphone intelligent:

Il est en fonction 24/7 et les applications ne s’arrêtent jamais complètement pour pouvoir capter la moindre mise-à-jour disponible.

Ça fait longtemps que j’essaie d’expliquer à mon homme comment je me sens à l’intérieur. Que même quand j’ai l’air calme et qu’on dirait que je ne pense à rien, dans ma tête, mon hamster continue de courir dans sa roue. Je tourne et retourne mentalement des listes et des calendriers.

Je fais le calcul depuis le dernier rendez-vous chez le dentiste pour savoir s’il est temps d’en prendre un nouveau; je repasse les projets de la semaine à venir pour savoir ce qui doit être préparé à l’avance; j’énumère mentalement la liste des tâches à faire dans la maison parce que le ménage est plus que dû; je me demande si les bottes d’hiver de l’aîné lui font encore parce que c’est le temps maintenant d’en faire l’achat; je pense au kilt de fi-fille qui doit être envoyé chez le nettoyeur avant sa compétition de l’automne; je me souviens que je dois payer la garderie avant jeudi; je me demande si le dernier compte de téléphone a été payé; je réalise que la dernière commande d’Amazon n’est pas arrivée et qu’il faudrait vérifier ce qui se passe; je réalise qu’il y aura un anniversaire bientôt et que je ne dois absolument pas oublier d’appeler cette personne; je pense au brocoli qui va bientôt sortir du frigo tout seul et je cherche mentalement une recette pour l’utiliser au plus vite…

Je ne sais pas moi-même comment je peux passer d’une chose à l’autre aussi rapidement mais c’est constamment comme ça entre mes deux oreilles, 24 heure sur 24, 7 jours sur 7… ou presque!

Même si physiquement il ne se passe rien, mentalement ça ne s’arrête jamais ce qui fait que je l’épuisement me talonne.

Au printemps, j’ai entendu l’expression « charge mentale ». Je n’ai même pas eu besoin de l’article, je savais que c’était exactement ça. Cette espèce de surcharge cognitive constante pour arriver à gérer les milliers de tâches au quotidien.  Mon homme et moi avons enfin pu mettre des mots sur ce phénomène qui m’habite, me hante même.

Cette charge mentale est probablement responsable de 98% des conflits qui surviennent entre nous.  C’est curieux quand on y pense: on s’aime à la folie, on a une immense complicité, une excellente communication, on aime tous les deux avoir une maison ordonnée (bon, moi un peu plus que lui), on accorde la même importance à la ponctualité (ou presque), on a des valeurs similaires concernant l’éducation des enfants, nous sommes tous les deux extrêmement présents à la maison, on se sépare les tâches équitablement, et plus encore.

Alors pourquoi on se dispute?

Parce que je ne suis pas capable de me défaire de cette maudite charge mentale amplifiée par mille quand je suis en SPM, au point où je bouillonne si le panier de linge déborde et qu’il ne prend pas l’initiative de partir une brassée et j’explose quand il n’a pas vidé le bac de recyclage et que tout tombe tellement il est plein!

Parce que je suis jalouse bon! Je l’envie d’être capable de « mettre la switch à off », de vivre dans le moment présent (alors que je vis 2 ou 3 jours à l’avance quand ce n’est pas quelques semaines), de ne pas s’en faire avec le regard des autres (j’ai l’impression d’être la pire mère du monde quand on saute un rendez-vous chez le dentiste), de pouvoir gérer haut-la-main le stress du « dernière minute » quand il y est confronté (alors que je panique quand je réalise que le compte devait être payé avant minuit et qu’il est 22h genre).

J’aimerais tant que mon état d’esprit soit indépendant de la propreté et de l’organisation de la maison, tout comme lui, mais je n’y arrive pas.

Toutefois, on a réalisé qu’à l’instar de nos enfants qui ont autant besoin de la sensibilité de leur maman que des jeux physiques avec leur papa, notre couple ne serait pas complet sans mon sens de l’organisation ni le lâcher-prise et la grande capacité d’adaptation de mon homme.

C’est en se rejoignant quelque part entre les deux qu’on forme une équipe du tonnerre.

 

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Véronique Fournier

Véronique Fournier

Blogueuse Récits de parents chez Je Materne
Bachelière en enseignement primaire et préscolaire, enseignante de français langue seconde auprès des militaires, Véronique est avant tout amoureuse folle de son homme. Ils sont parents de 5 enfants dont un couple de jumeaux: un garçon plein de vie et une fille qui a mis ses ailes à la 24e semaine de grossesse.

Écrivaine refoulée, blogueuse dans l’âme sur Mes Billets Doux, c’est avec grand plaisir qu’elle a envie de partager ses Récits de parents, entre autres ceux dont on ne parle pas assez.
Véronique Fournier
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