Cher Québec, aujourd’hui j’ai peur.

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Je vais te faire une confession: depuis quelques temps, je m’affirme un peu moins. Je n’ose plus scander haut et fort que je partage mon lit avec mes bébés non-vaccinés. Je me censure sur internet pour pour éviter que tu connaisses les critères que mes enfants ne remplissent pas.

Vois-tu, Québec, j’ai peur de toi. Et tu me le rends bien.

La semaine dernière, un nouveau projet de règlement sur l’enseignement à la maison veut exiger que mes enfants soient évalués pour prouver qu’ils sont “à niveau”. Évidemment, on parle ici de ce que tu estimes être le juste niveau et je constate que nous n’avons pas la même vision. Il semble que ce qui compte pour toi doit inclure un papier, un crayon et un enfant assis. Personnellement je me satisfais d’un enfant aux yeux brillants, fier de ses progrès ou de ses découvertes.

La même semaine, on parle des enfants non-vaccinés comme d’un risque pour la santé mondiale. On les compare à des terroristes. Certains parlent même de les interdire dans les lieux publics?!? Tu sembles si troublé que que j’aie refusé d’injecter ta “potion magique” dans leurs petits corps.

Et que dire des campagnes contre le partage du lit? Quand je lis ce que tu écris dans tes dépliants, j’ai l’impression que tu me considère comme un parent négligent. Alors que tu es celui qui néglige de tenir compte des normes biologiques, de la normalité du partage du lit dans le reste du monde.

Je fais ces choix parce qu’ils me semblent la façon juste d’agir. J’ai choisi de m’éloigner de ce que devient notre société pour plutôt écouter mon instinct.

Quand je regarde les statistiques sur le mal-être des enfants, sur tout ce qui ne fonctionne pas dans les écoles et garderie, ça me confirme que je fait le bon choix. J’en ai toujours été fière et je n’hésitais pas à en parler pour informer, échanger sur le sujet.

Aujourd’hui tout a changé.

Mon Québec, j’ai peur d’une éventuelle chasse aux sorcières. Je dors près de mon bébé et je me demande si le ménage est suffisant pour une visite surprise. Parfois je songe à aller contre mes principes juste pour impermeabiliser mes enfants contre toi. Je me questionne:

Qu’est-ce qui ferait une différence? Quel critère te semblera suffisant pour sortir l’argument du “risque de négligence” ou “négligence éducative”? Jusqu’où iras-tu pour forger mes enfants en ton moule?

Mon Québec, j’ai grandi en répétant des slogans à ton honneur. J’ai cru en toi et j’étais heureuse de donner la vie dans cette province synonyme de liberté de choix. J’étais ravie d’élever mes enfants selon mes convictions sur tes terres. Et voilà qu’un ministre parle de mes enfants comme ceux “échappant à son contrôle”.

C’est à ce moment que nous sommes passés au statut “relation compliqué”. Que j’ai commencé à te craindre.

Mon Québec, Si tu savais comme tu as besoin d’eux comme citoyens. Des enfants confiants, joyeux, sensibles, créatifs. Ils sont des humains merveilleux. Ils feront de grandes ou de petites choses, ils seront imparfaits mais ils auront la richesse d’être eux-mêmes. Ce sont les adultes de demain qui pourraient faire une différence dans l’avenir de la planète terre.

Tu t’inquiètes pour mes enfants, mon Québec. Et moi aussi présentement. Mais pas pour les mêmes raisons.

Je t’écris et je me rends compte, au fond on dirait que c’est toi qui a peur de nous…

Peut-être commences-tu à te rendre compte de l’impact que pourrait avoir une masse de citoyens informés, refusant de faire “parce que”.

 

Une maman anonyme

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